Kitsch toi-même...

J’avais une idée d’article que mon quotidien d’homme en vacances en België à la maison – réciproque à un mois de juillet magnifique d’amour et de quotidien, confirmation de l’évidence de cette vie nouvelle écrite à deux pour quatre, l’âme triste de ce quatre figé – a bousculé. Après quelques courses de bricolage (peinture à tableau noir, pinceau, papier de verre pour égrenage) et de confort (patères, thermomètre à frigo), et après la première couche de peinture à tableau noire passée sur la future table des petites, je me suis octroyé une pause typiquement masculine : la bidouille au blaire. Trépignant comme un gamin devant sa nouvelle grue électrique (oui, ok, PSP, pour les générations d’aujourd’hui, je suis vieux, oui, merci, je sais), profitant de l’éloignement professionnel du Taz, à la patience de tigre malmenée par les inévitables erreurs, boulettes et autres essais malheureux de paramétrage de tout bineur qui se respecte, en ancien geek (on ne guérit jamais totalement de ce genre de maladie), je me suis penché avec un délice étourdissant dans les méandres des menus de cette ttoute nouvelle télé par Internet, du modem, du décodeur et des fonctionnalités foisonnant à chaque pression de télécommande.
En cherchant le moyen de regrouper en listes de favoris (l’une pour les chaînes des petites, l’autre pour les chaînes courantes, une troisième pour les chaînes animalières – les normales, hein, pas les contre nature !) les chaines qu’Elle aurait choisies ce soir, je me suis mis sur une chaîne musicale, MCM Pop, pour ne pas la nommer, même pas honte, histoire de faire mes essais sur du potentiellement éligible (sait-on jamais, si je n’arrivai pas à effacer, c’est toujours moins compromettant qu’une chaîne de Hiphop où chacun sait que la musique atroce n’a d’autres prétextes que les trémoussements mammaires et fessiers de bimbos chichement vétues – rhô pas bien !). Tout à mon paramétrage – le mâle en pareille occupation n’est que difficilement déconcentrable, si ce n’est d’user d’armes de guerre telles que froufrous, promesses par la morale réprouvées ou tours de vaisselle punitifs - j’ai mis quelques minutes à réaliser que la séquence de clips diffusée était intitulée et logotée en bas à gauche « Pop kitsch » (sic).
Au moment de cette illumination, expliquant du coup pourquoi je trouvais la musique ‘achement sympa (argh !), fin d’un clip, début d’un autre. Et je vous le donne en mille, Emile, suivit le chanteur né Jean-Pierre François dans son inénarrable « Je te survivrai » ! Que du bonheur ! Oui. J’ai regardé ces quelques trois minutes de bon vieux temps et de kitsch avec, je le dis, une joie non feinte. J’avais oublié, le footballeur, cheveux méchés blonds (sauf les racines), les boucles, la nuque longue, le muscle saillant, l’œil bovin, le jeu d’acteur laissant les Musclés pleurer leurs mères (un pluriel, à l’évidence, aucune femme ne méritant cette peine d’enfanter à elle seule la kitsch brochette bien connue), les paroles bouleversantes, la musique chiadée (mon Dieu, le synthé de la mort), et même jusqu’à la vilaine brune inspiratrice de cette chanson collector, qui se fait autant chier que nous… un délice.
Et bien figurez-vous qu’à la lumière de ce visionnage en détail qui m’a échu comme le Saint Esprit échoit aux âmes pures (Dieu sait, pour le coup, qu’il n’est pas débordé, le Saint Esprit), je me suis rendu compte qu’il zozottait, le bougre ! rajoutant, convenez-en, une raison de plus d’apprécier ce morceau d’anthologie de la culture kitsch. Je vous épargne les poncifs sur le temps qui passe et qui fait des succès-navets d’autrefois des collectors kitsch d’aujourd’hui pour vous laisser, en plan, sur une information aussi capitale et m’en retourner à mes travaux. La première couche doit être sèche, j’ai une faim de loup, et j’ai des paramétrages merdiques à détricoter pour que tout remarche ! Assez rigoler.
Jean-Pierre François, reviens !
Phin.