Discipline, gammes et oeuvre...

Publié le par Phin


« J’ai froid partout où tu as oublié de laisser tes regards. »

Gino Cumerlato

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Le silence qui sépare mon article écho à l’article premier a de quoi laisser perplexe.

 

J’entends d’ici les rires de hyène des tristes pisse-vinaigres, confits de jalousie amère, riant dans leur barbe et voyant déjà, dans ce délai qui s’étire, les premiers hoquets de ce blog amoureux, réjouis de voir faiblir notre insolence radieuse d’oser afficher ainsi l’A(a)mour. A ceux-là, je ne dirai pas ce temps libre qui manque pour écrire, consommé qu’il est en longs coups de téléphone, en MSN, en mails, en textos et autres week-ends, tous indifféremment irisés de toutes les nuances possibles, de la tendresse la plus profonde, confinant à l’écoute et au respect, à la pornographie la plus débridée, nos âmes réciproquement consentantes et en transe au spectacle de nos bêtes immondes à l’œuvre…

 

J’entends aussi les étonnements déçus de ceux qui, connaissant mon blog, s’attendaient à me voir bondir sur une telle occasion, royale, de parler d’Aria, compulsif jusqu’à la goujaterie, étalant là mes travaux intimes de sculpture de la bête. A ceux-là je ne dirai pas que cette discipline n’a d’intérêt que comme ascèse, confinée, rare et polie (au sens de la juste distance – ni trop, ni trop peu), non pas encagée de refoulement mais encadrée de liberté, dans un blog seulement. Je ne leur dirai pas non plus que céder ainsi à cette facilité serait comme juxtaposer les brouillons à l’œuvre elle-même : si l’intérêt d’une généalogie révélée est concevable (et un lien existe en marge pour cela), la confusion des genres desservirait la cause défendue.

 

J’entends enfin (ô ternaire, mon ami) le partisan murmure des lecteurs de Tazounette, acquis à son avantage (comme je le suis moi-même) après ce très bel article qui dit si bien sa vérité de femme sur cette question, et curieux de lire ma répartie. A ceux-là je ne dirai pas l’incrédulité qui me tourmente, moi, tout Quasimodo que je suis, obsédé, introverti, difforme, entravé, commun, devant mon salut éthique à ces seuls exercices essentiels à contenir ma bête, de constater qu’une femme comme Elle a su faire, pour me connaître, ce chemin là de compréhension et d’exercice d’intelligence, pour saisir la virtualité, et la nécessité de ce jardin secret pour la rectitude et l’équilibre de la bête faite homme que je suis.

 

Raisonnablement, comment ne pas penser que l’on rêve - que tous les hommes m’en soient témoins ! quand une femme drôle, intelligente, belle et coquine fait le don rare (et donc précieux) de son consentement, à l’homme et à la bête ? Là où le commun lit dans son texte les éloges de mon regard et du respect que je lui porte, au premier degré de ce qu’elle dit, je lis moi son intelligence à comprendre, à juger justement, à ne pas se fier aux premiers degrés et aux reflets trompeurs, pour aller chercher la corde des choses, cette trame tissée qui fait de chaque action construite une intention diversement travestie. Et il me faut toute la réalité de sa peau contre la mienne pour réaliser que je ne rêve pas et par conséquent la chance qui m’échoit.

 

J’ai été, et je suis toujours, pornocrate, à la nuance prés d’une pornographie non pas comme suffisante en soi et seule expression d’une sensualité consumériste et courte, mais plutôt comme contrées ultimes, sauvages et vastes venant en plus, complémentaire plus qu’unique, registre plus que religion. Je fais le fier, là, aujourd’hui, oubliant crânement mes excès passés ! Mais le chemin fût long, très long, de la manie triste à la discipline joyeuse.

 

Lentement, partant d’une focalisation stricte sur Aria, permettant de restreindre le champ et donc de concentrer l’effort, le blog a changé de contenu et plusieurs fois de forme, pour finir par révéler, aux autres autant qu’à moi-même, mon regard mûri sur Aria, sur cet archétype subjectif et virtuel qu’est Aria (je conçois (mal, mais je conçois) que cet archétype soit subjectif), et au travers de cela, sur les femmes, sur la femme au sens sexuée du terme, sur le regard porté sur les femmes, sur leur corps, leurs courbes, leur féminité, leur impudeur désirée, leur plastique absolue, leurs rondeurs de corps, leurs codes joueurs, leurs intentions sexuées, leur fragilité dans le consentement, leur force dans l’offrande, leur jubilation à se faire proie, leur lucidité en se sachant au final plus chasseur que le chasseur lui-même...

 

Solitaire, pour ne pas dire en plein solipsisme, enfermé dans ma ligne éditoriale, ce choix n’avait pour but que d’explorer et dire ce qu’il m’était interdit de vivre. En me focalisant, je me suis, de fait, permis de mettre à jour, d’approcher, de dire, de répéter, de reformuler, de préciser ces détails - des plus crus aux plus insignifiants, qui font mon désir et mes envies si aigus, si aigus, qu’ils confinent aux besoins. Et par cette voie lente et laborieuse de vocabulaire, d’écriture modeste dans la forme, honnête dans le fond, tout impudique qu’il puisse-t-être, réaliser que ce besoin n’était pas coupable, absout par l’infini respect que j’ai pour cette féminité de consentements, de codes et de jeux.

 

Et le plus amusant (et la vie est ainsi, pourvoyeuse de mort et de stérilité, parsemant la nuit continuelle d’étincelles rares), c’est que j’en étais là quand, au fil de lectures de blogs civils amis et de commentaires laissés, de proche en proche, de fils en aiguilles, j’ai croisé la route virtuelle et lointaine de mon Autre, de cet Autre qui, tout entière dans sa différence, est entré dans mon périmètre comme un boulet de canon, en affolant les radars endormis.

 

Et après tant de temps à sculpter cette bête à l’atelier solitaire de mes écritures d’Aria, comme le musicien fait ses gammes, enfin, enfin, me voilà tout à mon art, parcourant de mon « regard » cette femme qui, pour filer la métaphore musicale jusqu’au bout, se révèle être en même temps partition et instrument. Ma partition. Et mon instrument. Par son consentement offert.

 

Riche de ces gammes, je lui dévoue mon regard et je lui promets, sans trembler, sans condition autre que la pérennité de son consentement, qu’Elle n’aura jamais froid.


Phin.

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V
Ben oui tu déconnes, parce que c'était PSG - OM et pas l'inverse ! Ah ! ces hommes ! c'est plus ce que c'était !
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P
<br /> <br /> Damned ! I'm done !<br /> <br /> (c'est pour Betty, elle aime bien quand y'a de l'anglais dans l'texte ;-)<br /> <br /> Oui. Question foot, je suis léger. Mais alors léger léger. Mais je sais coudre un bouton, faire la vaisselle et son ménage, repasser (et pas que les serviettes et les mouchoirs), faire<br /> pipi dans le trou et pas à côté, cuisiner, écouter plutôt qu'entendre, faire les courses... Ca compense ? Et puis des vrais trucs de mec, je sais en faire aussi. Siffler dans mes<br /> doigts, choisir un vin, utiliser une perceuse (la classe), ronfler (hein ?), et plein d'autres trucs (mais c'est sale, j'peux pas le dire ici !). Ca compense, hein ?<br /> <br /> ;-)<br /> <br /> <br /> <br />
B
La dernière phrase m'a fait frissonner d'émotion.<br /> C'est très beau.
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P
<br /> <br /> <br /> <br /> Boah, tu sais, on se chauffe, on écrit, on s'emballe et puis quoi, on dit des trucs délire après, hein... c'est humain...<br /> <br /> <br /> <br /> Ouais, bon, ok. J'avoue. Je l'ai écrit. Et je le pense. C'est ça le pire. Je le pense. De tout mon être. Alors à partir du moment<br /> où on le pense (et même où on le fait), pourquoi ne pas le dire, hein ? Après tout !<br /> <br /> Merci de ta lecture ;-)<br /> <br /> <br /> <br />
T
Quoi, quoi, quoi, on parle de moi ici ?... Je vais finir par rougir, je ne suis pas si loin, hein ;o)<br /> Je ne ferai pas de commentaires sur le billet. Il est exquis, tout comme j'aime et l'émotion suscitée par la dernière phrase risquerait de faire rosir d'aise mon Phin adoré ! Tant la flèche décochée a atteint la cible en plein coeur !!<br /> <br /> Comme tu le sais Phin, bien que tu ne le reconnaisses pas, tu m'as aidé à ouvrir les yeux et je t'en suis infiniment reconnaissante. Comme je le dis en d'autres lieux, comme un écho à votre conversation. <br /> <br /> Quant à cette part d'ombre, oui, j'aime y avoir accès comme le dit si finement Phin... Et pour moi lorsque tout est expliqué, il n'y a plus lieu d'être choquée. Et je préfère le savoir tout de go que l'apprendre un jour sans préavis. Là au moins tout est clair. <br /> <br /> Et puis il commence à accéder à ma part d'ombre aussi. A savoir les haribo, le pilou et le point de croix. Choses que j'ai évidemment tues dans la bannière au-dessus de peur de voir disparaître nombre de lecteurs ;o)))<br /> <br /> Bref, 1 partout, balle au centre ! ;o)<br /> <br /> Merci de tes mots, Gring, même si, comme je le dis ailleurs aujourd'hui même, je tiens à ajouter que même si tu avais été à côté, tu n'aurais rien pu faire, c'était à moi de me réveiller. Toute seule. Et je ne suis pas fâchée d'en être là où j'en suis aujourd'hui et découvrir toutes ces pages neuves avec toi, mon Phin...
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P
<br /> <br /> (Je m'abstiens de commentaires, hein, si on commence à se commenter en plus du reste, hein ;-) On en parlera quand j'aurai fini de regarder OM-PSG et que tu auras<br /> fini ta vaisselle et ton repassage)<br /> <br /> PS (à l'intention des premiers degrés): je déconne. Si si. Je déconne. On a autre chose à foutre que la vaisselle ou le foot, je vous le dis ;-)<br /> <br /> <br /> <br />
G
désolé pour les fautes!!!je hais les ordis et ma fille est....comment dire plutôt collante.....
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P
<br /> <br /> Mouais mouais mouais... la faute de ta fille... mouais ;-)<br /> <br /> <br /> <br />
G
ahhhh Phin,je ne te connais pas...encore,quoiq'un petit peu depuis noel dernier mais je dois me confesser sur le fait qu'heureusement pour moi(et pour tazounette)je n'avis pas encore vu ton blog......Avec mon franc parlé,elle aurait eu tout sur mon vis franc et souvent impartial,sur comment dire, ce que je pensait de tout ça!!!!!Bien sure elle ne m'aurait pas écouté,et dieu merci!!!!!<br /> Car oui,tu me l'as bien changée ma Tazounette,ou plutôt ,j'ai enfin retrouvé la Taz de nos 15 ans....alors,même si tu me fais toujours pensé à Dr Jeckil et mr Hyde(je ne sais pas si ça s'écrit comme ça.....) je dois te dire un grand merci et j'espère vraiment te rencontrer bientôt! Prends bien soin d'elle et surtout de son coeur,j'ai échouée pendant toutes ces longues années,où elle a été trop loin de moi,et où de toute manière je n'avais aucune leçon à donner!!!!<br /> <br /> Ps:euhhh,après relecture de mon com on dirait une mise en garde paternelle.....comme si tu allais avoir affaire à moi si tu te comportes mal alors que pas du tout!!!et qund bien même,je suis encore plus petite que ta femme!!!!Si si ça existe ,no comment......
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P
<br /> <br /> Les derniers billets de mon blog sont assez atypiques, réduits à l'essentiel faute de temps (boulot, déménagement, week-ends, etc...), car j'ai un public, comment<br /> dire, moins "littéraire" que je dois alimenter, audimat oblige ;-) Et il faut feuilleter un peu pour trouver ce dont Tazounette parle... et ce dont je parle aussi.<br /> <br /> Je ne suis en rien dans la transformation de Tazounette. Ce serait immodeste que de s'en prévaloir. C'est elle qui a fait le plus dur, que d'ouvrir les yeux et prendre son salut et celui de ses<br /> filles à bras le corps. Je ne suis là que pour prendre, cueillir (au sens noble et respectueux du terme) ce qu'elle consent à me donner. Je l'ai dit en d'autres lieux, et c'est mon intime<br /> conviction: une femme se donne plus qu'elle ne se conquiert.<br /> <br /> Et même cette nuance là, ce n'est pas moi qui lui est apprise, ou plutôt ce n'est pas avec moi qu'elle l'a apprise... mais avec un ange blond que j'honnis. C'est ainsi.<br /> <br /> Quant au Jeckyl et Hide, malheureuse ! Ne lui en dis pas de mal, je crois que c'est justement ce qui la rassure, d'avoir accés et donc de pouvoir faire face à la part d'ombre... C'est un sacré<br /> bout de femme.<br /> <br /> <br /> <br />