Un regard posé sur moi...

Publié le par Tazouphi




« J’ai froid partout où tu as oublié de laisser tes regards. »

Gino Cumerlato

______________

 

 

C'est, tout d'abord, une histoire de lecture... C’est ainsi que nous nous sommes apprivoisés, à première vue…

 

Par les mots, nous nous sommes observés, devinés. Une fois que le charme avait agi, nous pouvions ajouter la réalité. A vrai dire, nous devinions que le « gros » était déjà fait…

 

L’essentiel : nos sensibilités voisines, nos têtes faites (à peu près) pareilles, nos âmes, jumelles…

 

Les premiers regards ont été déterminants. Timides d’abord puis plus appuyés…

 

J’ai tout de suite aimé son regard sur moi… Je m’y sentais bien… Un regard qui enrobe… Rassurant. Chaud. Bienveillant…

 

Il ne m’a jamais caché son blog. J’ai apprécié cette absence de secret, largement gardé pour soi par la majorité des hommes goûtant à ce genre de surfs… La curiosité aiguisée depuis longtemps m’a fait chercher sur g*gle. Presque un hasard. Du premier coup…

 

Au départ, j’ai regardé. Ca parle d’une fille. Sa chouchou même ! ;o)

 

Je suis une fille. Tendance Taz. Jalouse. J’ai eu « mal ». J’ai refermé…

 

Puis, n’étant pas fille à juger. Trèèèès curieuse, en plus  ;o) et obstinée, même ;o)… Je n’ai pas pu m’arrêter là. C’était trop tentant. J’ai dû laisser fermé quelques minutes. J’y suis retournée.


Paf ! re-Taz… J’ai refermé.

 

J’ai oscillé un moment, comme ça. Entre curiosité et pincement… La même curiosité de l’interdit, qui, plus jeune, très jeune même me faisait lire des livres de la bibliothèque parentale à la recherche de scènes d’amour, histoire de me renseigner un peu. Je lisais sous ma couette, la lampe torche contre le livre, la peur au ventre, les oreilles aux aguets et au moindre bruit, je refermais. Il n’y avait aucun bruit, évidemment. Et finalement, à refermer sans cesse, je ne lisais pas grand-chose de tous ces interdits… Tant de peurs pour si peu de su, vu, lu...

 

Bref, c’était la même curiosité… Je n’ai jamais à vrai dire surfé sur des blogs adultes. C’était donc la première fois. Le plongeon dans le grand bain, en quelque sorte !!!!… Je n’ai pas été déçue de naviguer sur le sien. Son blog est classe. Très classe. Loin des jeunes névrosés du surf cochon qui hormis quelques « tu sais que t’es bonne » et autres joyeusetés ne montrent rien d’autre que de lourdes carences en respect et en vocabulaire… Bref… Chez lui, on est ailleurs.  C'est du hot-cosy ! A peu près la même différence entre un strip-tease dans un sex-shop glauque de banlieue (j’imagine !!! ) et un « Jungle Fever » du Crazy Horse. C’est nu, certes, mais c’est chic. Presque spirituel… ;o)

 

Après cette première visite en pointillés, j’ai cherché à comprendre. Je lui ai demandé le pourquoi. L’explication. Ce que l’homme cherche en regardant une fille. Une star de la photo dénudée. Une bombe. Il a mis du temps à trouver les explications. Il me les a livrées, avec attention, avec tact, sans rien cacher des « intérêts » potentiels d’un tel « exercice ».

 

Et j’ai compris. La sculpture d’un regard d’homme, sur une femme. Sublime.

 

Alors et alors seulement, j’ai commencé à lire. Autrement...

 

En parallèle, notre histoire naissait. Et plus je lisais, plus cette icône devenait prétexte. Simple prétexte pour parler de moi sous les mots pour elle. Comme un jeu de plus dans notre gamme si ouverte de jeux en tout genre…

 

Pour mieux comprendre, j’ai remonté le temps de son blog.  Curieusement, nous avons commencé à bloguer au même moment. Mai 2007. Je n’ai pas tout lu. Effrayée par une indigestion ariesque, phinesque, ou phinesque sur Aria... Bref... Cela reste un exercice difficile que de lire la plume de l’être que l’on aime sur une autre que soi. Oui, même virtuelle, même faussement existante. Dans son œil, déjà, elle existe et pas qu’un peu, et ça, parfois, on s’en souvient… Parfois le naturel reprend le pas sur la compréhension et il faut refermer. Se détendre et recommencer.

 

Alors, je faisais des sauts. Un bond de 4 pages, hop un article lu. Et hop, je recommençais. Déjà accroc à sa verve. Je ne le savais pourtant pas encore... Que j'aimais tant le lire...


J’ai lu, écumé les pages sur elle.

 

Et que dire d’autre sinon que son regard d’homme m’a émue. Beaucoup.

 

Son regard me bouleverse de plus en plus à vrai dire. Au fil du temps, au fil de son œil qui s’aiguise sur elle, puis sur moi, sur ma réalité de femme, en proportions différentes, certes, je ne suis « que » moi… Mais fière de l’être, attention, pas de méprise ;o)… Mais en échos frissonnants dans sa rétine… J’ai su très vite que je lui offrirai ces échos-là… Et ça me faisait sourire…

 

Et j’aime ça. Lui offrir une part infime de cette virtualité fantasmagorique chérie dans ma réalité de femme, dans sa réalité d'homme…

 

En le lisant j’ai découvert un homme capable de comprendre de quoi se constitue la féminité. Peu sont capables de comprendre qu’elle naît de mille souffrances, de tant d’imperfections à remettre à hauteur véritable face aux points forts que l’on a, c’est indéniable, et que l’on cache irrémédiablement derrière le reste, dans son propre regard posé sur soi.

 

Cela véritablement m’a laissée pantoise.

 

Une vie ne suffit pas à s’accepter. On s’y efforce, on y arrive maladroitement mais ça reste d’une fragilité incroyable. Ce serait pourtant si simple de s’aimer « telle que l’on est ».

 

La femme s’observe en mille détails. Un regard loin d’être tendre. Peu indulgent. Elle n’est qu’une accumulation de parties d’elle, qu’elle aime plus ou moins que les autres. Ce qu’il reste de cette analyse du détail : ce qu’elle n’aime pas voire ce qu’elle déteste. Et elle aura beau mettre tous ses atouts en valeur, ne resteront que ceux qu’elle n’aime pas. Et loin de se regarder par cette lorgnette bienfaitrice ou simplement apaisante, elle se regarde par ce qu’elle déteste, par ce qui la complexe, parfois, quand ce qu’elle n’aime pas prend des proportions énormes de « non-acceptation » ou de rejet…

 

Elle se forge ainsi, elle grandit ainsi, avec ce satané miroir qui ne lui renvoie que ce qu’elle n’aime pas.


Et elle grandit en ne se soupçonnant jolie que dans un regard autre. Un regard posé sur elle et qui n'est pas le sien...

 

Quand elle a de la chance, elle tombe sur un homme au regard « globalisant », qui aime un tout d’elle et non des parties. Elle peut s'épanouir "tranquille"...

 

Quand elle n’en a pas, c’est un homme à la recherche de perfection.  Il a un moule en tête, cherchant par tous les moyens à l’y faire entrer, coûte que coûte. Un homme qui n’aime que des parties et cherche à modifier les imparfaites, dans l’espoir d’en faire une retouchée de photoshop "pour de vrai" !

 

Mais tout le monde le sait, « Rien n’est jamais parfait ». Elle essaie. Elle rate. Elle a peur de son regard qui juge. Elle ne s’aime pas… Elle s’en va… Longtemps, longtemps après…

 

Elle est alors incapable d’un regard bienveillant sur elle-même. Elle a du mal à se dire jolie. Souvent c’est ainsi. 

 

J’ai lu chez lui, tout de suite, ce regard que je rêvais sur moi, pour moi. Celui que j’aurais voulu pour moi-même, un peu…

 

Et à force de lire ses mots sur elle. J’ai compris…

 

J’ai compris la féminité. Sa vraie nature. Sa vraie force. J’ai trouvé comment m’accepter.

 

Je lis encore. Un rien addicte à ce regard posé sur elle autant que sur moi. Addicte à ses textes enthousiastes. Sa verve qui ne se lasse pas. Ses mots qui jamais n'ont fini de faire le tour de cette beauté. Sa fidélité sans failles à son idole de papier, ou d'écran…


Parfois la double lecture est plus ténue. J’ai encore « mal » parfois. Un pincement. La jalousie… Toujours…

 

Surtout à l’approche de ces chères menstruations, quand on n’est pas à prendre avec des pincettes, que le moindre truc nous fout le moral dans les chaussettes, qu’on se trouve les plus moches du monde, surtout le nez, là, ou les joues qui sont rouges, juste ce matin, pour nous faire chier… Bref, je suis sûre que vous voyez ce que je veux dire… Alors, voir cette beauté absolue qui se pâme, put*, on la hait, quoi !


;o)

 

J’ai lu dernièrement une phrase très juste :

 

« Aucune femme n’aime à entendre faire devant elle l’éloge d’une autre femme ; toutes se réservent en ce cas la parole afin de vinaigrer la louange. »

 

Balzac a tellement raison…

 

Loin de son blog, lorsque le week-end nous sommes enfin ensemble, lorsque le temps s’arrête, lorsque la courte fenêtre est entièrement ouverte, j’aime jouer sous ses yeux, lui offrir alors, ce que je sais, ce que j’ai lu qu’il aime à voir. Et de ses discours sur elle, j’apprends les courbes qu’il préfère à l’œil, les jeux d’ombres et de lumières qui amènent mille frissons derrière sa rétine. Alors, je le lui tends. Pas tout ce qu’il aime, diantre, je ne pourrais jamais devenir elle et je ne le veux pas, non. Je lui offre juste ce que moi j’aime à lui donner. Car c’est de moi dont il s’agit… Et c’est lui que je lis dans ses mots pour elle, pour moi, bref…

 

Un jeu de nous. Pour nous…

 

Et cette jubilation qui naît de ces jeux multiples de mon corps à son œil, de son oeil à mes yeux, puis mon corps, puis le sien, de nos regards qui se cherchent, se trouvent, se rejoignent de mille façons, avec mots ou sans mots, en silence ou en mêlant nos soupirs, parfois.

 

Je sais que c’est dans son regard que j’ai trouvé la femme que je suis…

 

L’absolue…

 

Celle que je n’avais jamais su être, celle que je ne pouvais pas être.

 

Elle est née ainsi, dans son regard indulgent et doux, celui dans lequel j’aime tant me perdre et qui me manque tant dès que mes yeux ne peuvent se poser sur lui…

 

Et si c’est elle, cette fille, cette Aria dont il est fan, qui m’a permis cela… Que faire, sinon la remercier de l’avoir tant exercé…

 

…Pour tellement bien me regarder, moi ?

 

 

Tazounette.

 

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P
<br /> Tu es une fille bien Taz... oui.<br /> <br /> <br />
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T
<br /> <br /> Merci, Pakita, ton compliment me touche beaucoup... Merci de tes lectures ;o)<br /> <br /> <br /> <br />
B
bravo, ça n'a pas du être facile de se mesurer, si on peut dire, à cette demoiselle ...<br /> Mais les mots que l'on emploie, le respect que l'on y met, adoucissent et transforment toutes les images les plus hot... et si ça a permis de créer quelque chose de "so special" entre vous, au moins c'est original, et magnifique...
Répondre
T
<br /> <br /> Disons que c'est un travail de fourmi que de contenir ce Taz toujours prêt à rugir... Il faut bien le dire  ;o))) Je crois effectivement, qu'on peut tout<br /> comprendre, encore faut-il se donner un peu de mal et j'aime bien l'idée de partager aussi sur ce qui tient d'un jardin secret.<br /> <br /> Et j'aime bien les jeux que cela permet... Une source presque inépuisable...  ;o)<br /> <br /> <br />