De la Gourmandise...

Je crois que c’est de tous les péchés, celui qui nous caractérise le mieux et qui définit le mieux notre relation.
Outre le fait indéniable que nous sommes amoureux, il existe une dimension supplémentaire, proche de l’appétit ou de la soif qui ne se trouve à aucun moment, rassasiée.
On est infiniment gourmand de l’autre… On en aime toutes les saveurs, toutes les nuances infinitésimales, on sait les diluer, en profiter et c’est ainsi de chaque moment que l’on partage…
Et je ne parle pas seulement des plaisirs de la chair... Même si forcément notre gourmandise les contient... Ils ne sont que la résultante bouleversante de "tout le reste"... Je parle de tout ce que nous partageons, de la simple conversation à la plus sérieuse des discussions, nos silences, nos caresses, la douceur toujours présente dans le plus petit des regards comme le plus simple des gestes, la tendresse qui se décline de mille et une façons. Qu'il s'agisse d'un moment à deux, comme d'un moment à 4 lorsque les ouailles nous accaparent complètement... Nous restons à l'écoute de l'autre, en présence de l'autre, tourné vers l'autre...
Tête, coeur et corps, sans cesse mêlés... Et le quotidien devient si riche qu'il nourrit l'intimité de la plus belle des manières. Nous n'avons qu'envie de le recevoir, constamment...
Cela a été vrai dès la première rencontre, voire même avant. Déjà dans nos échanges de commentaires, puis nos mails, et cela s'est juste vérifié dans la réalité, ce fameux dimanche d'octobre qui a définitivement tout changé (soupir)...

La Gourmandise était déjà entre nous. Que ce soit dans notre façon réciproque de boire nos dires, dans nos unissons déjà si présents. Nous n'avons jamais été amateur de thé, ni l'un, ni l'autre et pourtant ce jour-là il est devenu un succulent nectar, autour de cette petite table qui recevait nos confidences, entre deux bouchées de ces gaufres vanillées dont seule Lille a le secret...
C'est bien plus tard que la Gourmandise de la chair s'est elle aussi vérifiée... Rassurés chacun de ce que l'autre était bien conforme à l'idée que nous nous étions faits de tant de mots échangés. Pas seulement des mots, c'était bien nous, juste derrière eux, gourmands déjà de ce que représentait l'autre à nos yeux... Le corps ensuite n'était que la suite évidente de nos deux êtres, de nos deux émotivités jumelles, de nos deux âmes voisines, seulement divergentes en minimes proportions...
La chambre peut alors se décliner dans toutes les pièces de la maison, selon l’envie, l’inspiration et le désir de l’instant. Il en va de même de la cuisine, toute américaine qu’elle est, s’intercalant entre salon et salle à manger. Sachant que le couloir menant aux chambres y termine aussi…
Nous sommes férus de glaces volés devant un visionnage de photos dans le bureau ou de haribos dans notre domaine réservé, après quelques acrobaties amoureuses qui outre le fait de nous laisser repus, épuisés et transpirants, parfois éveille une autre gourmandise, qui ma foi n’est pas si éloignée de l’autre…
Moi qui avais passé tant d'années à subir les diktats de la minceur forcée, luttant contre ma nature-même jusqu'à ne plus prendre de plaisir à manger, devenant du même coup aussi sèche des papilles que du reste de mon corps... La liberté d'être enfin, m'a fait redécouvrir la gourmandise. Mes papilles ont retrouvé leurs sensations et mon corps s'est ouvert avec la même magie... J'ai retrouvé le goût de cuisiner, et l'envie de goûter, d'apprécier l'assiette... Il est si peu de vrais plaisirs dans cette vie qui gâche et use à tout va ! Tant de douceurs, tant de saveurs j'ai donc à rattraper !
Nous nous mitonnons mutuellement de savoureux petits plats, simples ou plus recherchés. Sachant que pour un plaisir simple, malgré le goût de la bonne chaire, nous pouvons tout aussi bien mettre nos « talents » dans une simple salade ou un repas vite fait pour le plaisir d’un moment en pleine nature, un pique-nique enchanteur au bord de l’eau… Parfois avec Champagne (soupir) et parfois même avec de l’eau du robinet, des « chichips » aussi, parce qu’il ne faut oublier personne ;o)…
Nous sommes ouverts à tout. Ouvert à l’autre ou aux autres, quand les petites sont avec nous et tout plaisir est bon à prendre, toute joie bonne à donner, tout bon moment merveilleux à partager…
Et j’adore que dans cet ex-chez lui, qui progressivement, au gré des choses de moi que j’y laisse, au gré du temps que j’y passe, devient un vrai chez nous, la cuisine soit ainsi ouverte sur toute la maison. Elle en devient la pièce centrale et j’adore cela.
Nous y cuisinons, nous y causons, nous y rions, nous nous y câlinons, nous y jouons avec ou sans les filles, nous y grondons les filles si nécessaire, nous y posons les courses, nous y passons ou y restons…
J’adore cette ouverture, ces espaces interdépendants, lieux de plaisirs, lieux de vie et de bien-être…
J’aime que la première pièce soit la cuisine.
J’adore que la dernière soit notre chambre.

Vaste et nue qui se suffit au lit immense qui la compose, au pouf, aux tableaux choisis ensemble et ce miroir, posé là. Il n’est pas accroché. Il n’est pas un point fixe, il bouge au gré de nos envies, au gré de notre gourmandise, au gré de notre appétit…
J’aime cette stabilité qui caractérise notre couple et que dans cet ancrage sûr, nous trouvions tant de moyens de recevoir l’autre ou de lui donner, tant de nuances qui déterminent autant d’envies, autant d’instants se décuplant à l’infini, se répétant sans aucune lassitude, parce qu’il n’est jamais complètement identique au précédent et nous sommes ouverts à ces degrés infimes de changement, sans retenue ni fausse pudeur.
On est chacun. On reçoit. Tous nos goûts, tout ce vers quoi l’instant nous porte, à table ou au lit, trouvent écho en l’autre, qui y répond, à sa façon…
Et on se repaît de mille instants plus fous ou plus sages les uns que les autres…

C’est pour cela, que tout effrayé à l’idée que je ne finisse par me lasser, je peux Lui répondre le plus assurément du monde…
Je ne cherche pas une vie qui bouge, qui brasse de l’air inutilement en faisant des ronds, je ne cherche pas la course effrénée…
J’ai juste un intense besoin de vibrer. De suivre des émotions « vraies »… Et nous partageons cela à un degré si élevé, que je sais, moi, cette lassitude impossible…
Ce qu’Il m’offre est d’une richesse incomparable.
Certainement ce qu’il existe pour moi de plus précieux et qui mène sans aucun doute possible, à mon bonheur.
A celui que je recherchais.
A celui que j’ai trouvé…
A celui que je désire.
A celui que j’espère le plus durable possible…
Tazounette