Cher de ma chair...

Publié le par Tazouphi




« Aimer, c’est savourer, aux bras d’un être cher,

La quantité de ciel que Dieu mit dans la chair »

Victor Hugo

 

 

 

Je n’avais pas de corps…

 

Je n’ai été qu’un hologramme. Si longtemps…

 

Ce fantôme de corps était enchaîné, couvert d’épines, irrémédiablement fermé… Une chair inerte, à peine acquiesçante. Sans réelle volonté propre. Sans vie. Relié à une tête suiveuse plus que décideuse. Même pas un moyen d’expression. Un silence. Obéissant. Enfermé dans une gangue, une coque de noix, dure comme la pierre, transparente comme de l’eau. Protégé. Hors de moi… Sur la défensive. L’amour était le cœur sans le corps. Un monologue. Sans vie.

 

Son existence se faisait dans l’ombre, dans la quiétude des rêves solitaires à demi conscients, dans la protection de la nuit, hors de tout monde vivant.

 

C’est dans tes bras que j’ai vu la lumière.

 

C’est dans tes bras que j’ai ouvert les miens. J’ai entrouvert ce rideau lourd et sombre et j’ai découvert mon corps. Son besoin d’élan. Sa soif d’espace. Son envie d’expression. Sa légèreté, enfin… J’ai découvert ce langage. Ma peau parlant et vivant l’amour pour la première fois. Il s’est ouvert. Il est devenu lui. Sans moi. Avec moi. Mais LUI.

 

Je l’ai découvert hors de moi. Sa volonté propre. Son souffle de vie. J’ai découvert tout ce qu’il vivait à l’intérieur, dans le repli de mes nuits, si loin, là, dans ma tête, dans mes souhaits et désirs. Profonds. Insoupçonnés.  Dans ces rêves qui m’absorbaient tout entière et qui jamais ne trouvaient d’écho dans la réalité. Une aspiration sensuelle bloquée. Eteinte. Dissimulée.

 

Mes grands rêves s’illuminant de vérité, dans notre réalité. Cette liberté offerte sans compter, en confiance, dans l’absolue tendresse, dans l’absolu respect, ces absolus où âme, corps et cœurs se rejoignent à l’unisson des deux… Rendant si doux ce qui était tant diabolisé… 

 

Grâce à toi, je suis. Jubilant enfin d'exprimer tout ce que j’ai tant à te dire. Prolixe de caresses et de spontanéité. Ces dons, ces cadeaux, reçus autant que donnés dans la plus prompte et la plus naturelle générosité. Sans compter. En jubilant de nous découvrir, de répéter, sans se lasser et aimer ça infiniment… La nouveauté autant que les redites...

 

Je suis née sous tes caresses, sous tes baisers frissonnants et je n’aspire qu’à rester ainsi, apaisée et comprise, sereine, dans ce jardin d’Epicure où flottent nos deux parfums mélangés, avec pour seul paradis ou enfer, c’est selon, nos corps joints dans l’infinité de nos cœurs épris, de nos âmes jumelles qui suggèrent et que tu devines, qui aiguillent et que je distingue. Clairement. Sans paroles. Dans nos dialogues où le dire est inutile et le faire prend tout son sens.

 

Mêler seulement nos chairs qui se comprennent dans cette magie du partage, dans cette égalité des sens. Et rester ainsi hagards, abandonnés et émus de tous ces voyages où altitude et profondeur se mélangent et se goûtent.

 

Point de vertiges. Juste l’ivresse et cette curiosité sans cesse renouvelée, que seuls les voyages lointains peuvent procurer. Sans a priori. Juste pour être. L’un à l’autre, l’autre à l’un.


Une curiosité. Sans bornes...

 

Découvrir. L’infini dans nos chairs.

 

Y retourner. Y rester…


Tazounette.




Publicité
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
P
<br /> Je crois aux âmes sœurs.<br /> Je crois qu'il y a quelques personnes seulement, aptes à nous aimer pour qui nous sommes et nous révéler.<br /> Oui... je crois aux âmes sœurs.<br /> <br /> <br />
Répondre
T
<br /> <br /> Je n'y croyais pas vraiment. Mais force est de constater que c'est cela et rien d'autres. Cette façon si constante et si profonde de communiquer même dans les plus<br /> grands silences et de s'y trouver tellement heureux. Ne rien se dire et se dire pourtant, rien qu'en partageant le même espace. De ne jamais sentir sa paix intérieure s'ébranler d'une présence.<br /> Phin, lors d'un de ses premiers commentaires chez moi m'avaient parlé d'une théorie philosophique : celle des cercles éthiques. Je ne sais pas si tu connais. On part du postulat que les relations<br /> à autrui se déterminent par des cercles concentriques. Au centre du plus petit des cercles : soi. Une personne que nous invitons doit passer ces cercles, pour rejoindre petit à petit l'intime. Il<br /> faut juste prendre le temps de la choisir... Son commentaire m'avait beaucoup, beaucoup parlé. J'y avais beaucoup réfléchi et j'ai compris bien des choses... Nous avons beaucoup échangé, parlé.<br /> On s'est tous deux dévoilés. Et dès le premier instant passé ensemble, il était déjà au centre, sans que ça ne m'effraie. Comme si ça avait toujours été sa place. Sans que ni peur, ni crainte ne<br /> s'installe. Il était là parce que je l'avais choisi, pour être là. C'est impressionnant, cette communication de nos âmes qu'il y a eue tout de suite... Une forme de magie ?...<br /> <br /> <br /> <br />
C
C'est beau d'arriver à mettre des mots, et si justement surtout, sur l'amour ...<br /> Bises :-)
Répondre
T
<br /> <br /> Pourtant, on pense toujours que ce qu'on dit est insuffisant par rapport à ce que l'on ressent. C'est curieux. Enfin, si tu t'y retrouves un peu, c'est parfait...<br /> Bisous, C. ^_^<br /> <br /> <br /> <br />
N
On se sent un peu intrus, de venir lire et savourer votre histoire d'amour... <br /> Et un brin jalouse aussi! Et nous alors? Et mon histoire d'amour, où en est-elle? Où est cette passion, ce désir, cette..... Et soudain, la claque: il fut un temps où nous aussi, (nous = monsieur et moi) nous avons vécu cela, du moins quelque chose qui y ressemble, même si différent... Mais le temps passe et il y a cette fâcheuse, vilaine, dangereuse tendance à oublier, à se laisser aller, à ne pas entretenir ce qui devrait l'être...<br /> Alors merci de nous raconter un peu de votre bonheur, de votre amour, de votre désir (et pas que celui de la chair, mais aussi de l'autre, son attente, le temps entre, se languir de l'autre qui n'est pas encore là)... Non seulement c'est un chouilla salvateur mais c'est beau, tout simplement. Et pas que le contenu, le contenant est... "addictive"<br /> Alors merci pour la beauté, le désir, les souvenirs que cela éveille et aussi, du coup, l'envie de re-vivre cela (ou alors il faut imputer ce désir au soleil qui ressurgit? ;) )<br /> Bref, avide d'en lire encore et encore, discrètement...<br /> C'est beau l'Amour...
Répondre
T
<br /> <br /> Il ne faut pas se sentir intruse, Nathie. L'amour est bien quelque chose d'universel et si on peut vous amener un peu de rêve, ou juste des souvenirs qui peuvent<br /> faciliter le présent qui sait faire oublier le beau de l'amour, alors tant mieux. Une petite façon de te dire que tout ça n'est pas si loin et que c'est un vrai, vrai travail d'entretenir tout<br /> cela. Lis, donc, discrètement ou non. Tu es la bienvenue...<br /> <br /> <br /> <br />