Samedi... Dimanche...

Publié le par Tazouphi



Bon, vous avez commencé à nous lire. En même temps, hein, deux articles c’est pas la mer à boire, tu en conviendras !

 

Il se trouve que notre superbe blog me sèche.

 

Ouais, le truc de dingue ! On en parle depuis des semaines, on en rêve depuis au moins autant. Et puis, voilà, que maintenant qu’il est tout beau, qu’on a osé le lancer en ligne, ben je coince total ! Je le reluque à longueur de journée, tellement je suis fière d’avoir mon chez-nous… Mais j’ai du mal à y écrire, à y délier ma plume.


Pour ce faire, je tente le changement de registre. Non, parce que faut pas croire que le fait de vivre une histoire d’amour digne des plus grands « chabababas » rêvés, va me couper ma chique argotique, hein, faut pas pousser mémé non plus, même si on l’aime bien dans le fond !

 

Je laisse mon côté Tazounette s’approprier le lieu.

 

Je suis du genre changeante. J’aime assez passer du coq à l’âne, des paragraphes larmoyants, aux images gores en passant par l’humour. Je suis comme ça, moi, comme la lune…

 

Et c’est pas peu dire…

 

Le vrai c’est que ça m’énerve d’avoir la chique coupée ! Moi qui suis une pipelette du clavier. De la langue aussi…

 

Mais bon, la gourmandise est un vilain défaut ! Enfin, je sais pas qui dit ça, ce qui est sûr, c’est que c’est pas moi…

 

On va juste parler d’un truc et pour ce faire, je vais changer de registre.

 

Cash ! Comme ça, en pleine diatribe ! Il faudra t’y faire…

 

Je vais te parler d’hier…

 

Hier, c’était dimanche ! Il était bien tôt en vérité lorsque ma conscience s’est éveillée de son long sommeil…

 

Un sommeil partagé, les jambes emmêlées dans celles de Phin…

 

(Ouh, que ça fait bizarre de ne plus l’appeler par un impersonnel « amoureux »)…

 

C’était un réveil triste. Et la raison en était simple : on était dimanche…

 

Et dimanche veut dire que là, dans pas longtemps en regard du temps qui passe, une éternité en fait pour ce temps qu’on parvient toujours à allonger à notre guise…

 

Mon Phin va partir…

 

Repartir vers son « sans domicile fixe », cet hôtel impersonnel qu’il habite depuis 2 mois. Un long, long intervalle entre deux « vrais » chez lui…

 

Celui du célibataire qu’il va quitter et celui du « nouvel avenir à deux (et plus) » qu’il habitera bientôt, et qui aura sans doute, très rapidement des effluves de ce nous, des oublis (voulus) d’affaires à moi pour lui rappeler que (bon), malgré la distance, je suis là (quoi !)

 

Et j’ai hâte, en fait, de ce prochain chez lui/chez nous.

 

(Oserai-je t’avouer que c’est aussi parce que je sais depuis fort, fort longtemps qu’il a un lit double king-size ? Parce que oui, il y a un peu de ça, tout de même… N’est pas gourmand qui veut…)

 

C’est aussi et surtout parce qu’à partir de ce moment-là, notre temps à partager s’allongera… Un vendredi soir, une nuit et un samedi matin/midi/début d’après-m, en plus… Et la différence sera énorme. Pas en regard du temps global qui passe, mais en regard du temps à partager en un week-end.

 

(Et pour qui sait compter, ½ week-end, n’a jamais fait un week-end entier !)

 

Et ça malgré nos unissons et notre façon si étrange et si forte de densifier nos moments de partage…

 

(Oui, oui, même le temps que l’on partage avec mes louloutes, qui, je dois le dire se cassent le trognon pour nous le gâcher… Mais on tient bon ! Si le Titanic a coulé, notre paquebot, lui, est vraiment insubmersible !!)

 

Et il n’est que 15h, le dimanche, lorsque la porte s’ouvre, qu’il s’engouffre dans l’ascenseur et disparaît de ma vue, de ma main et…

 

(Du reste aussi…)

 

Que la tristesse prend le dessus sur ce temps mâtiné de rêves qu’on partageait juste avant…

 

(Enfin, pas juste, juste avant, on est toujours un peu larmoyants tous les deux quand nos yeux se posent sur un cadran, annonçant sous peu l’heure fatidique des adieux…)

 

Il rejoint son break, diesel…

 

(Soupir… Que de souvenirs… Bref, passons…)

 

Et entame son long périple qui l’arrache à moi… Qui m’arrache à lui…

 

Pendant que les kilomètres filent pour lui. Mes filles sont à leur sieste et j’entame la mienne. En boule sur mon clic-clac, une couverture jetée, la tête enfoncée dans mon oreiller tout mou… Pour oublier son absence, son départ, cette parenthèse qui débute, sans lui, jusqu’au week-end prochain… Oublier cette amputation de lui, cette douleur si à l’opposé de ce qu’on partage de si intense, de si beau, de si doux… Alors, je m’endors pour 2 bonnes heures. Et je me réveille anesthésiée. Le week-end rangé dans un des meilleurs coin de moi… J’oublie l’absence, je me renfile ma peau de « maman toute seule », je reprends mes responsabilités que je gère égoïstement quand il n’est plus dans mon périmètre. J’oublie l’apaisement qu’il provoque dès que le samedi après-midi, il passe ma porte et que nos corps se re-connectent, nos centres se rejoignent et nos jardins se mêlent…

 

Arrêter le temps au samedi.

 

Gommer les autres jours inutiles du calendrier.

Un jour sans fin ? Le samedi alors…

 

Une après-midi et un temps borné à minuit…

 

Stop, plus de pendules. Plus d’horloge. Plus de planning. Plus de calendrier.

Le samedi… Voir Rome… Et mourir…

 

 

« Déchire ces cris de papier

Rappelle-toi, sois jaloux et fracasse

Ces jours d’horloge et de poussière

Viens briser la durée trop sage

Viens fouiller les terres du sommeil

Mais que ce soit Toi

Et recrée-moi ce que je ne serai plus

Un silence d’argile claire

Ayant pour seul sang

Ton nom gravé dessus… »

 

Edit : J’ai lu ces quelques lignes dans un livre, cadeau de Phin pour notre Noël en février… Ces mots sont tristes. Des mots de douleur. Pourtant ils disent cela, mieux que moi. Je pense qu’ils parlent de la mort… Je trouve qu’il résonne aussi, pour ceux qui vivent la distance…


Tazounette 

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C
Je connais aussi cette séparation, sur les coups de 17h30, le dimanche...
Répondre
T
<br /> <br /> J'ai pensé à toi, aussi, en finissant mon article... Que c'est dur... Que c'est long... Mais quelle magie, aussi d'aimer ainsi...<br /> <br /> <br /> <br />