Caresse...
Me voilà donc aux premières lignes du premier billet de ce blog amoureux à quatre mains, l’inspiration tiède et timide, engourdie à la fois par la multitude des gourmandises présidant à cette expérience et à la fois par l’exigence naturellement née de ce moment inaugural, fondateur, déterminant, que l’on veut du coup étincelant. Il faudrait une verve flamboyante, à la manière d’une tirade du nez, pour faire un inventaire truculent et vif de ces gourmandises sans ennuyer. Sans ce talent, indépassable de virtuosité, je suis contraint au choix de quelques unes parmi toutes… et me retrouve pris au piège de cette élection impossible.
Quelles gourmandises d’Elle mériteraient plus que les autres de figurer en ce premier billet ? Leur profusion, leur multiplicité, leur différence radicale ou leur similitude ténue, leur vivacité mâtinée de paradoxes ou d’influences, tout cela me fait penser à ces palettes de peintre. Ces gourmandises sont autant de nuances, de tonalités, de couleurs, pas tant comme résultat sur la toile que comme matériau sur la palette, matériau d'une nouvelle écriture de la vie (enfin !) et de nouveaux jeux, infinis en répétitions et en combinaisons. Que ce blog ne soit pas, donc, une dissection détaillée de ces gourmandises d’Elle mais bien l’expression conséquente, l’utilisation, le spectacle de ces couleurs gourmandes.
Quand à l’exigence du premier billet, ma foi, je crois qu’il faut savoir y renoncer et laisser filer, se réjouir d’échouer au définitif. Parce que ce billet définitif n’existe pas - le pire d’ailleurs eût été qu’il existât et qu’en un billet, tout fût dit (ô Bescherelle, mon ami) ! Alors que toute la profondeur du jeu de ce blog sera justement de chercher et d'indéfiniment approcher, ruse de la raison à la manière du paradoxe de Zénon d’Elée. Ne jamais avoir le dessein de la connaître mais celui de la découvrir. Saisir ainsi toute la subtilité qu’il peut y avoir entre toucher et caresser. Ne jamais cesser de la caresser.
Que ce blog soit une caresse, gourmande ;-)
Phin.