Révélation textuelle... (2)

Publié le par Phin


Préambule

Introduction


 

Ce long billet, découpé à des fins de digestion, a pour modeste ambition de prendre appui sur un texte, un extrait magistral, qui cristallise la quasi-totalité des saveurs qui guident mes lectures, et de vous expliquer la nature même de mes émerveillements, de mes enthousiasmes, de mes transports en terme de lecture, de rapport au texte. Il ne faut y voir aucun orgueil, aucun pédantisme, mais bien plutôt la volonté de mettre en lumière au travers d’un exemple la mécanique jubilatoire qui m’anime quand je lis. Le but ? Non pas créer des vocations (elles sont plus faciles à susciter dans mon autre blog, je vous assure !), mais peut-être essayer de partager cette pointe, ce kaïros que représente ce morceau de texte, dans l’illustration qu’il est lui-même des perspectives rendues possibles par le texte seul.

 

Pour ce faire, je vous soumets trois traductions d’un même passage d’Ecce Homo de Nietzsche (je sens comme un coup de mou, là, non ?! ben alors ?! 'va pas s'laisser impressionner par Frédo quan'mêm' ?! aller aller, courage mes canards, banzaï !). Nietzsche est incontestablement philosophe (dingue ça alors, non ?!), difficile d’abord (certes), à n’en pas douter. Afin de vous en faciliter la lecture, quelques trucs à savoir.

 

Son lyrisme puissant, confinant parfois à la poésie, donne à la première lecture, et aux suivantes aussi ! si personne ne vous le dis, un sentiment désagréable d’immodestie, d’orgueil, de supériorité alors qu’il s’agit plus certainement d’un style sans doute subversif, non dénué sinon d’humour au moins de panache. En outre, ce lyrisme rend difficile la traduction, tant il est difficile de résoudre la transposition à l’identique de la forme et du fond dans une autre langue, particulièrement en philosophie où le sens ne souffre guère l’à peu près. Du coup, une traduction pauvre dénature le texte, rend Nietzsche abscon - en français.

 

Nietzsche est également connu pour la précision de son écriture en langue allemande, passant pour l’un des maîtres en la matière. Sachant cela, puisque nous, non germanophones, ne pouvons accéder à Nietzsche que par la traduction. Vous devinez l’intérêt qu’il peut y avoir à confronter (au sens pour le coup premier) trois traductions d’un même texte allemand et de faire soi-même l’expérience de comparaison ! Cette expérience m'a tenté ;-)

 

De cette mise en perspective, nietzschéenne dans l’esprit, on touche précisément à la nature de la forme, à son importance pour servir le fond, puisque, si tout se passe bien, vous allez découvrir que ces trois traductions sont largement inégales (si ce n'est pas le cas, hein, ben taisez-vous, svp)… Et c’est dans ce lien là, dans cette alchimie entre la forme, le fond et celui qui reçoit, dans ce triptyque circonstanciel par définition, que je trouve moi, mon plaisir de lecture.

(à suivre...)

Phin.

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Publié dans Plaisirs de lecture

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