Des Sens...

Vendredi 18 novembre 2011 5 18 /11 /Nov /2011 09:10

 

J'ai entendu cette chanson hier matin pour la première fois... Je pleure à la fin à chaque fois. Elle me prend aux tripes sans que je puisse réellement savoir pourquoi... La voix de Zaz. Sûrement. Impérieuse et qui monte en puissance. La simplicité aussi... Je n'ai pas trouvé le clip... Dommage...

 

 

 

 

Éblouie par la nuit, à coup de lumières mortelles, A frôler les bagnoles, les yeux comme des têtes D'épingles, Je t'ai attendu cent ans, dans les rues en noir et blanc, tu es venu(e) en sifflant,
Éblouie par la nuit, à coup de lumières mortelles, A shooter les cannettes aussi pommée qu'un navire, Si j'en ai perdu la tête, j't'ai aimé et même pire, Tu es venu(e) en sifflant,
Éblouie par la nuit à coup de lumières mortelles, Faut-il aimer la vie, ou la r'garder juste passer, De nos nuits de fumettes , Il ne reste presque rien, Que des cendres au matin,
Ah ce métro rempli des vertiges de la vie, A la prochaine station, petit européen, Met ta main, descend la, en-dessous de mon cœur,
Éblouie par la nuit, à coup de lumières mortelles, Un dernier tour de piste avec la mort au bout,

 J'ai attendu cent ans dans les rues en noir et blanc, Tu es venu(e) en sifflant...

 

 

 


 

Tazounette

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Mardi 11 mai 2010 2 11 /05 /Mai /2010 10:30

pâtisserie 

 

 

Ma maman a toujours subi les affres d’un complexe d’infériorité. Très fort dès son plus jeune âge où on lui préférait constamment ses frères… Elle l’a toujours gardé. Elle n’a jamais su l’apaiser et comprendre que sa place, à elle, elle l’avait. Dans sa famille, celle qu’elle avait forgée de ses mains et de son cœur. Froid, longtemps. Tiède ensuite. Et chaud, désormais, la sagesse de l’âge aidant…

 

Ma maman n’a jamais été une maman gâteuse. Elle n’était pas collante, voire pas assez. Pas baveuse des baisers qu’elle aurait tout le temps eu envie de nous distribuer, pas les bras cherchant toujours à nous porter. Elle nous poussait à l’autonomie. Par la force des choses. Parce que les manières douces, on ne les lui avait pas apprises. Parce que des bisous, elle n’en avait pas reçu. C’était plutôt des gnons, avec ses frères, des coups de pieds aux fesses par son papa et des « Viens me faire un bisou », de sa maman, consécutif aux engueulades d’alors…

 

Alors, elle a fait comme elle a pu… En sachant bien qu’elle faisait de travers. En faisant avec cette frustration permanente qu’engendre le simple fait de « vouloir » et de ne pas se sentir « capable ». Nous avons toujours eu de chouettes goûters en rentrant de l’école. Et aussi loin que je me souvienne, si ce n’est de rares épisodes (il faut bien le reconnaître) où des beignets de cervelle côtoyaient une purée de pois cassés et autres foie de volaille, l’assiette a toujours été succulente. Ma mère distribuait son amour ainsi. Et notre ventre s’en régalait, même si nous n’étions jamais rassasiés de câlins, de mots d’amour ou de compliments fleuves…

 

Nous avons tous dans notre subconscient des images modèles, que l’on garde, auxquelles on se confronte au fil de sa vie et auxquelles on tente vainement de coller. Dans ces images donc, bourrées de clichés, le comble de la bonne maman, pour ma mère, c’était de faire de la pâtisserie pour ses angelots… Comme dans toutes ces pubs qui puent le marketing, où la mère débordée, trouve le moyen de mettre une pâte toute faite dans un plat, un sourire émail diamant aux lèvres, et des petits anges tout bien élevés qui se régalent de cette part de gâteau maous costaud, avec un sourire qui ne trahit pas le plaisir prit par l’enfant à jeter ensuite le morceau à la poubelle manger ce gâteau divin…

 

Autant ma mère a du talent pour le salé… Autant elle peut avoir du talent pour le sucré (surtout lorsque mon père rajoutait du sucre à son insu), selon ce dont elle a envie au moment où elle se met à l’ouvrage, autant elle pouvait, régulièrement rater son effet. Un gâteau sec et pas assez sucré. Un « fondant » au chocolat, tout juste moelleux, voire sec mais c’est elle qui avait raison. Elle avait suivi la recette. Et on avait beau lui dire que le meilleur gâteau au chocolat était un fondant, elle est têtue doublée de bourrique ascendant taureau, alors si un moelleux est le meilleur gâteau, il l’est. C’est toi qui n’comprends rien.

 

Bref. Et au lieu de faire ses tests dans de petits plats modestes, qui auraient pu être vite terminés, qui auraient aussi évité à ma mère la déception de voir nos trognes blasées qui disaient à qui mieux-mieux des « encore de ce gâteau !», défaites de reluquer les restes secs de la grande réussite maternelle, qui au comble de son bonheur d’avoir su offrir cela à nos babines, et ses oreilles non contentes des compliments déjà trop loin, trois jours après, attendaient encore nos compliments sur les restes durs et sans goûts de la prouesse d’antan…

 

Dans les dons de ma mère pour mon installation sur ma terre d’exil aux accents belges, post foirage marital dans les règles de l’art, se trouve un plat métallique censé donner une forme plus avantageuse qu’un vulgaire plat à cake… Ce plat est à lui tout seul une madeleine aigre.

 

Car il faut le savoir, je ne suis pas une grande amatrice de pâtisserie. Je suis extrêmement difficile. Mes papilles n’aiment que les grands contrastes de goût et je suis plus que délicate sur les textures en bouche. Je suis plutôt une amatrice de friandise. J’aime la petitesse lorsqu’il s’agit de gâteau. Je préfère l’individuel au familial. Et je ne hais rien tant que ces grands gâteaux prétentieux des maîtresses de maison, persuadées d’être bourrée de talent quand c’est la chance, une fois en passant, qui leur fait réussir leur entreprise… Et qui doit finir ? Le reste de la famille, sans moufter sur le résultat lorsqu’il n’est pas aussi flamboyant que la dernière fois. Il faut continuer à caresser la cuisinière dans le sens du poil sinon « je ne ferai plus jamais de gâteau ». Moi, l’œil lumineux à cette seule idée. Joie que ma mère saisissait au vol, prenant un air renfrogné comme si elle était la plus malheureuse de la terre, dotée d’enfants ingrats.

 

Cela fait plus de 2 ans et demi, que régulièrement je regarde du coin de l’œil ce sublime résidu de ce supplice d’antan. Admirant les contours de ce plat élimé, usé par les tests foirés de ma mère. Parce qu’il est bien connu, que la mémoire ne garde que les ratés, les phrases assassines quand elle a tôt fait d’oublier les louanges… Et ça ma mère est forte à ce jeu-là. Oubliant notre ferveur pour son gâteau à l’ananas, caramélisé à souhait… Pour ne garder que la boulette infâme de gâteau sec et dur, qu’on tente vainement de mouiller d’une salive qui a désertée, la bougresse, peu encline à nous aider sur ce coup-là !!!

 

Je tourne autour de ce plat régulièrement, même lorsque j’en cherche un pour les gâteaux d’anniversaire de l’école, seul exercice pâtissier auquel je m’essaie encore… Je tourne autour et ne l’utilise jamais. Il est une sorte de reliquaire pour moi. Il contient tous les espoirs et efforts de ma mère pour obtenir cette famille rêvée, cette famille de papier glacé qui n’existe que dans ces exigences de perfection que l’on ne touche jamais du doigt. Il contient tous nos dénigrements, nos mauvaises têtes, nos soupirs d’enfants ingrats. Il contient l’enthousiasme feint mais sincère de mon père, toujours « heureux » de finir ces miettes dures, qui contenaient en leur sein, toute la douceur de ma mère. Tout ce qu’il a toujours su voir, lui, sous cet air austère et froid. Le feu sous la glace, lui seul y ayant accès. Nous, pauvres enfants, cherchant du premier degré là où il ne pouvait pas y en avoir.

 

Ce plat est rouillé désormais. Mais ne me demandez pas de le jeter. Il y a, là, dans ces poussières brunes, tous les solipsismes qui font une famille, un clan, même lorsqu’on perd des ouailles au passage, parce que la vie est une chienne.

 

C’est ma famille. Aussi imparfaite soit-elle et je ne voudrais pas qu’elle fût autrement…

 

 

Tazounette

 

 

 

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Jeudi 6 mai 2010 4 06 /05 /Mai /2010 08:00

 

la leçon de piano 

 

J’étais assise dans le bus. Une place côté soleil. Soleil dans un ciel lourd de nuages, ciel de traîne oblige. Le vent capricieux faisant ces derniers jours retrouver les températures juste quittées, obligeant aux multiples couches de fringues pour espérer être « confortable ». Je me laissais gagner par la torpeur de l’après boulot. Me laissant faire pour une fois, reposant cette attention constante des trajets en voiture par un relâchement total, plaisir rare et que je goûte avec délectation quand mon rythme me le permet.

 

Elle est montée à mi-chemin peut-être. Grande et belle métisse. Elle valait à elle seule deux personnes. Et je ne parle ni de poids, ni de grossesse en cours. Juste qu’elle portait sur son dos l’étui d’un instrument de musique. Et pas n’importe lequel. Pas le petit étui passe-partout. Un violoncelle ou une contrebasse. Elle avait les cheveux négligemment attachés, se tenant à une poignée du plafond, l’air concentré. Dans son sac de tissu qu’elle portait en bandoulière, un petit bazar organisé, sûrement des partitions, un agenda, un stylo et quelques papiers volants qu’on a tous quelque part tout près de soi comme si la vie avait besoin de laisser quelques traces de ce quotidien qui fuit, toujours trop rapide…

 

J’étais admirative. Pas seulement parce qu’elle était jolie. Parce qu’elle a en elle cette volonté que j’envie aux gens qui jouent de la musique. Quel que soit l’instrument. Savoir jouer d’un instrument n’est pour moi que la cerise sur le gâteau. Et quelle satisfaction ce doit être après tant d’efforts d’être capable de jouer. De prendre une partition et de se jeter à l’eau. La volonté qu’il faut pour se donner la chance de parvenir au but. Il y a tant de travail derrière. Tant de répétitions. Tant de moments rébarbatifs. Et c’est si facile de jeter l’éponge et de renoncer pour maintes et maintes raisons. Le professeur trop sévère. Le solfège trop difficile. Les doigts trop ceci, le souffle trop cela. Et je le sais parce que je fais partie de ces gens-là, qui ont eu la chance de pouvoir toucher du doigt le piano. Je suis de celles qui ont renoncé. Parce que c’était trop dur. Parce que je n’ai jamais eu vraiment « d’oreille », sûrement parce qu’à l’usage l'une d'elles me fait défaut. Certains sons ne me parvenant pas tandis que d’autres me parviennent trop prononcés.

 

Parce que c’était trop frustrant d’être devant ces touches blanches, noires et d’être incapable de sortir la moindre mélodie sans accrocher les notes et sans finalement devoir recommencer. Et recommencer encore. Jusqu’à plus soif. J’étais probablement trop jeune. Mais sûrement que cette raison-là ne suffit pas. Je ne suis pas faite pour le travail de fond. Je suis faite pour ce qui va vite, ce qui a un résultat visible immédiat ou presque. Je n’ai pas la ténacité suffisante pour croire longtemps à une chose que je ne touche pas, qui reste un but à atteindre, une perspective au bout de bien des années de travail. Du concret et rien d'autre...

 

Parce que j’ai dans mes souvenirs d’enfant, mes longues heures passées près du lavoir de mon grand-père, essayant de me faire aussi discrète que possible pour l’écouter jouer de son violon. Reprendre les mêmes morceaux encore et encore. Je le voyais recommencer dès que ce n’était pas parfait. Essuyer le bois, rajuster le mouchoir sous son menton pour éviter de transpirer sur son instrument, par les chaudes après-midi de juillet. Je sais que quelque part, une partie de moi reste assise sur ce parapet. Dans cette maison qui maintenant offre des souvenirs à d’autres familles, à d’autres générations. Alors même que mon grand père n’est plus que cendres dans cette mer qu’il a si souvent traversée. J’admirais déjà ce travail en secret, sans vraiment pouvoir mettre de mots sur ce que j’observais et qui me faisait déjà envie…

 

J’ai regardé son lourd instrument qu’elle portait, bien caché, dans son dos et l’espace de quelques minutes furtives, juste avant qu’elle ne descende du bus pour continuer sa vie « hors de ma vue », je me suis imaginée capable de la même chose. J’aurais aimé. Etre capable de jouer de la musique. Je ne sais pas pourquoi, sûrement que c’est de l’ordre des valeurs héritées du côté paternel, sûrement que j’aurais aimé perpétuer à mon tour ce don-là…

 

La musique. Plier son corps à une discipline telle qu’il donne les plus belles mélodies. Je trouve cela d'une sensualité folle. Un peu comme le montre « la leçon de piano »… Quel film !

 

Cela ne vous étonnera donc pas de savoir que mes yeux se sont illuminés d’une flamme certaine lorsque, au détour d’une conversation virtuelle, mon Amoureux inespéré m’a avoué jouer de la musique depuis son jeune âge.

 

Je lui pardonne que cette chienne de vie ait fait en sorte que cet instrument reste dans son étui depuis bien trop longtemps. Cette vie qui peut tout mettre en œuvre, pendant des années pour que la musique devienne la plus grande cacophonie quand l’âme est en tumulte… Je l’admire d’avoir su prendre soin de cet instrument, de marque réputée, cadeau d’une valeur inestimable lorsqu’il est fait avec le cœur de ceux qui l’ont offert… D’avoir su le mériter, travailler, en jouer, s’en amuser aussi…

 

Ah, si les instruments pouvaient parler, qu’auraient-ils donc à nous dire ?

 

J’admire ces gens qui cachent ou non cette sensibilité. J’admire parce que je sais ce que ça coûte, je sais tout ce qu’il y a derrière… J’aurais tant aimé… Mais ce n’est pas du regret, c’est une part de rêve que je garde, tout en sachant que la musique, ce n’est pas moi...

 

Moi, c’est la musique des mots…

 

Est-ce vraiment si éloigné ?

 

 

 

Tazounette

 

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Jeudi 5 novembre 2009 4 05 /11 /Nov /2009 11:00



Parce qu'il y a des moments où on est vraiment pas marrantes,
Parce qu'il y a des moments où on ne fait que se plaindre,
Parce qu'il y a des moments où on voudrait être autrement...

La chanson ne date pas d'hier mais parfois, ceux d'aujourd'hui ne le disent pas aussi bien...





She can kill with a smile
She can wound with her eyes
She can ruin your faith with her casual lies
And she only reveals what she wants you to see
She hides like a child
But she's always a woman to me

She can lead you to love
She can take you or leave you
She can ask for the truth
But she'll never believe
And she'll take what you give her, as long as it's free
Yeah, she steals like a thief
But she's always a woman to me

[...]

And she'll promise you more
Than the Garden of Eden
Then she'll carelessly cut you
And laugh while you're bleedin'
But she'll bring out the best
And the worst you can be
Blame it all on yourself
Cause she's always a woman to me





Tazounette



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