Jeudi 9 février 2012 4 09 /02 /Fév /2012 09:54

 

typewriter keys

 

J’ai longtemps eu un a priori négatif sur les ateliers d’écriture. Avec cette certitude vissée au corps et à la tête que l’écriture devait être un labeur exercé dans le secret et la solitude. Si bien que lorsqu’on m’en parlait je trouvais un argument foireux à avancer que « non, les ateliers, c’est pas pour moi ». Persuadée qu’il s’agissait d’endroits propres à produire une écriture kitch, des poèmes à l’eau de rose de vieilles filles persuadées de produire du Baudelaire… Longtemps j’ai écrit seule, poursuivant une inspiration chaotique et capricieuse. Heureuse d’en profiter quand elle voulait de moi, frustrée de ne jamais pouvoir la garder, la faire durer, la canaliser. Et puis l’an dernier, le chemin arpenté pendant 20 ans m’a sauté à la gorge, devrais-je continuer ainsi à suivre des sautes d’humeur et des désirs de plume jamais parfaitement remplis ? La perspective d’un long chômage avec un profond désir de ne plus faire un métier alimentaire sans essayer au moins de « faire quelque chose » pour cette chose tapie au fond de moi depuis toujours. Que j’ai toujours écouté en silence, repliée sur ce rêve. Avec doutes, presque honte de vouloir quelque chose de si grand alors que rien dans le fond ne me dis que « c’est ça », si ce n’est ce bonheur criant que j’éprouve lorsque je suis parvenue à écrire de façon juste un ressenti, une impression, une idée, un souvenir…

 

En juin, percluse de doutes j’ai pianoté par hasard sur mon moteur de recherches préféré « école écriture créative ». Et la première ligne sur laquelle j’ai cliqué était le premier site proposé « ALEPH ». J’ai surfé sur ce site pendant peut-être une bonne heure… Cliquant sur les stages, les années proposées, les pages concernant la « politique », le « concept ». Une antenne à Lyon. J’ai fait dérouler une première proposition de stage « Oser écrire ». Lu ce qui en était dit. Et mon cœur s’est serré. Parce qu’enfin je lisais ce que je ressentais face à l’écriture, comme je ne suis pas du genre à hésiter pendant 20 ans, je me suis inscrite. Dans la foulée, j’ai envoyé le chèque d’arrhes.

 

Aujourd’hui, 10 mois après j’ai suivi 2 stages incroyables (« oser écrire », « initiation au roman ») et presque fini la « première année »…Difficile d’expliquer ce que cela m’apporte. Disons que c’est une porte ouverte, grande ouverte sur un rêve auquel j’ai toujours claqué la porte à un moment ou un autre. Laissant ma raison étouffer mes envies profondes « c’est pas le moment », « je dois gagner ma vie », « on ne vit pas avec ses rêves », « un rêve réalisé est un rêve de moins à nourrir », et autres satanées logiques qui font que jamais on ne se penche réellement sur ses aspirations profondes, qu’on tente vainement de les éteindre parce que faire ce pour quoi on est fait, tellement peu de monde le peut vraiment qu’on se dit que… Bref… Des milliers de raisons.

 

Pourtant le rêve reste là, entier et constant. Il nous revient comme un vieux refrain, une vieille copine qui nous dit nos 4 vérités qu’on n’aime pas entendre et à laquelle on ferme toujours la porte de peur de l’affronter enfin. Aujourd’hui et depuis quelques mois j’ai décidé de l’affronter et de comprendre ce que j’avais dans le ventre… J’aime passer la porte de ce tout petit endroit. Rencontrer des gens qui sont là pour d’autres raisons ou les mêmes et savoir que là, c’est un espace juste pour ça. Pour soi, sa plume, ses mots, les écrire, les lire, en discuter et partir, repue, fatiguée d’avoir pris du temps pour sortir ce que j’ai à l’intérieur. Des animateurs qui racontent leur parcours d’écriture, toujours chaotique, fastidieux et passionnants. Parce que ça me parle d’espoir. De possibilités. Ca m’ouvre le champ de perspectives d’une infinité de façons. Je m’ouvre, j’ose… J’ai compris de quoi était nourrie mon écriture et ce que j’avais à dire, comment je devais le dire. Je suis en train de comprendre ce que je veux vraiment écrire.

 

Ensuite j’ai lu, des livres conseillés, jusqu’à ce que je tombe sur « Ecriture, mémoires d’un métier » de Stephen King. C’est lui. Grâce à lui que j’ose. Je me confronte à mon rêve. Je suis les conseils judicieux qui me correspondent, ou sont en parfaites osmoses avec ma façon de travailler… Et j’y vais. Je pars d’une situation et j’y vais. Sans réfléchir. Sans intrigue préalable, sans idée figée de ce que je veux faire ou de ce que les personnages doivent faire. Je les laisse libres de choisir leur chemin. Je me laisse guider par eux. Chaque jour ou presque (en fonction de mes journées et de mes contraintes), disons le maximum que je peux… Je me mets devant mon écran et je continue ce que j’ai écrit la veille, sans y revenir. En laissant jaillir. En forçant les mots à venir même et surtout quand ils ont envie de se taire. Et j’aime ça. Mes journées prennent un nouveau rythme. Elles passent plus vite. Et je suis en joie. En joie d’être assise à ma table et retrouver ces gens que je crée de toute pièce et qui existent pendant ces 3 ou 4 heures de ma journée. Les sentir s’étoffer, grandir, prendre de l’aisance en même temps que moi. Je ne sais pas où cette route me mènera, même si elle me mènera vraiment quelque part. Et dans le fond, je m’en fous. Ce n’est pas ça le but. Le vrai but c’est la joie en toute chose, la créer au maximum de mes possibilités. Et je sais que c’est là, sur ma chaise, dans la maison vide, au milieu du chant de nos perruches que je l’éprouve le mieux. Comme si là, avec mes fictions que je nourris, j’écrivais quelque chose d’essentiel dans ma vie. J’ose me dire que c’est ça qui me rend heureuse ! Je ne veux plus me cacher. Je ne veux plus chercher un boulot qui ne correspondrait à rien. Je veux aller au bout. Au bout d’un seul projet. Me dire que je suis capable. Et je sais que ma vie à l’intérieur sera différente quand je l’aurais fait.

 

J’aime mon impatience à retrouver mon texte, mon histoire qui naît chaque jour davantage. J’aime mon impatience à Lui faire lire le soir la tournure que prennent les événements. J’aime ces surprises là. J’aime arrêter de réfléchir, penser, structurer, quand il faut se laisser aller, se faire confiance pour trouver au fur et à mesure le diapason de ses personnages… Elle est là ma vie. C’est comme ça que je veux la remplir, l’enrichir… Et j’aurais beau me mentir de mille façons, il n’y a rien d’autre pour moi sur cette terre que cette chose à accomplir. Mettre les mots que je porte en moi sur le papier… Quelque soit la direction qu’ils prennent. Quelque soit le but. C’est ce chemin-là que je veux arpenter. Celui sur lequel Phin me pousse depuis si longtemps…

 

 

Tazounette

 

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Vendredi 6 janvier 2012 5 06 /01 /Jan /2012 12:50

 

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Il m'a posé LA question.

 

Au milieu de pétales de roses, de vingtaines de bougies allumées, des dentelles abandonnées. Au milieu de nos mots d'amour et de nos sourires rendus timides... J'ai répondu OUI...

 

Mille fois OUI...

 

Avoir pour seul horizon, la bienveillance de son regard... La douceur de ses mains... La profondeur de ses mots. La quiétude de nos instants. La ferveur de nos rires. La multitude de nos plaisirs. 

 

Ma main dans la sienne, jusqu'au bout de la route...

 

 

 

Tazounette

 

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Mardi 13 décembre 2011 2 13 /12 /Déc /2011 15:18

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Chaque année j’attends Noël avec l’impatience d’une enfant. Chaque année je rêve de magie, d’un Noël où l’esprit de famille ferait oublier toutes les querelles passées. Chaque année je regarde les jours s’écouler et plus la date approche, plus l’angoisse monte…

 

Je ne me suis jamais remise du passage à l’âge adulte,  ce passage de l’autre côté du miroir…

 

Avant, je ne voyais que la magie qu’on m’offrait. Les décorations qui ornaient la maison dès début décembre, la crèche que l’on gardait pour la préparer le premier dimanche des vacances… Les friandises qui ornaient les plateaux et plats entre cuisine, salle à manger et salon au fil des week-ends de décembre… Puis les grands-parents, oncles, tantes, cousins qui emplissaient petit à petit la maison… Et puis, le jour J, la messe de minuit, traditionnelle et les cadeaux qui jonchaient le sol devant le sapin et plus loin, le lendemain…. Je regrettais presque d’ouvrir les cadeaux, ce qui signait la fin de l’attente, la fin de la surprise, la fin de la magie. J’aurais voulu les entasser et ne jamais les ouvrir. Qu’ils restent avec leur secret le plus longtemps possible…

 

Petit à petit, les choses ont changé. La famille s’est amoindrie au fil des années… Les aînés sont partis. D’autres ont changé de vie, oncles et tantes ont divorcé sur le tard, d’autres se sont exilés trop loin, d’autres ont coupé les ponts. De grandes réunions, nous sommes passés à six ou sept personnes… Les absents ont fini par prendre presque plus de place dans mon cœur que les présents… La messe est rapidement passée à la trappe, en même temps que le départ des anciens. Plus de loyauté à tenir…

 

J’ai fini par voir les tensions tout autour qui accompagnaient l’organisation, la réception des familles. Moins les Noëls étaient traditionnels et plus les tensions sont devenues vives… J’ai commencé à voir les yeux haussés de ma mère pour un oui ou un non et ses grimaces aux moindres conversations peu à son goût... J’ai vu les querelles de mes parents, tentant de partager la cuisine qui était le reste du temps le domaine réservé de ma mère. Je la voyais irritée de la moindre question de mon père. Je les voyais se houspiller durant tous les préparatifs. Mettant de la tension où il était censé régner de la joie.

 

Et, au-delà de tout, la place vide de cette sœur désormais absente, de son mari et de sa fille. La cassure poussée à son paroxysme, quand même les fêtes de famille ne suffisent plus à rassembler…J’ai vu les cadeaux faits à la va-vite à la dernière minute parce qu’une fille a été oubliée. Ou pire, les cadeaux identiques pour ne froisser personne… J’ai vu les cadeaux avant de les emballer, la veille au soir… J’ai vu les querelles, lorsque ma sœur voulait encore de nous, pour savoir si on ouvrirait les cadeaux le 24 au soir ou le 25 au matin, alors que les filles étaient déjà petites et que je voulais faire les choses le mieux du monde, et que tout le monde s’en foutait. « Elles sont trop petites pour comprendre ».

 

Savaient-ils que ce n’était pas seulement pour elles que je voulais faire de mon mieux ?

Avaient-ils compris que je voulais, moi, un Noël « comme avant » ? Comme lorsqu’on a les yeux qui brillent et le cœur qui palpite… Je rêve de Noëls de téléfilm où on se dit enfin les choses importantes et qu’on oublie toutes les autres… Lorsqu’on met un mouchoir sur ses soucis du quotidien et qu’on s’offre une parenthèse.

 

C’est surfait, je le conçois bien. C’est faux-cul, sûrement, pour d’autres. Mais ce n’est ni pour la tradition, ni pour faire plaisir à mes parents, ni seulement pour mes filles que je le souhaite comme ça. C’est pour moi, par moi… Parce que, pour moi, Noël a un vrai sens. Sans petit Jésus.. Je ne boude pas ma période où j'y ai cru mordicus. Et puis, parfois, la vie nous fait ouvrir les yeux. Mais Noël a cependant toujours gardé un vrai sens pour moi. Différent... Un sens de remerciement, de resserrement des liens familiaux autour d’une fête de fin d'année.

 

Et je me fiche du côté commercial, je regrette que la société matraque tant à cette période… Je voudrais que ce soit moins dehors et plus dedans. Je voudrais que tout le monde ait envie, autour de moi… Comme Phin et moi nous en avons envie. Parce qu’il n’y a pas tant de fête qui permettent cela.

 

Je suis restée cette petite fille qui passait des heures à rêver, à laisser monter la nostalgie, à attendre, quitte à être déçue ensuite par la réalité trop attendue…

 

Je voudrais un Noël différent. Un Noël où je ne verrais pas les grimaces de ma mère lorsque le « public » autour, ne lui convient pas (il ne lui convient jamais, de toute façon), ne pas entendre l’hypocrisie, ne pas voir son indifférence ou son intérêt feint pour mes filles (elle joue à la grand-mère…), ne pas entendre mes parents s’étriper à longueur de temps, pour un oui ou un non…

 

Je voudrais une parenthèse à notre image… Sans tension... Où l’on a conscience de chaque moment, de chaque instant et le vivre intensément comme quelque chose d’immensément précieux et riche. Riche même de rien, du minimum. D’être juste ensemble. Dans la simplicité, sans chichis, sans vouloir offrir un repas pantagruélique concocté dans la tension, les rixes et les petites vacheries bien lancées...

 

Permettre aux filles d’amasser des souvenirs pour plus tard, de petites étoiles dans les yeux, de rires autour de la table, de balades dans le froid après de bons repas en bonne compagnie avec leur famille et les gens qui les aiment, tout autour…

 

Parce que ça fait partie du rôle que je veux jouer pour elles, avec Lui…

 

 

Tazounette

 

 

 

 

 

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Samedi 10 décembre 2011 6 10 /12 /Déc /2011 16:55

 

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Phin.

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Jeudi 8 décembre 2011 4 08 /12 /Déc /2011 12:43
 
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J’aime nos moments de paroles (enfin, nos galipettes, d’abord, hein ? et nos paroles ensuite, hein, bon, fleur bleue, ok, mais bon, pas la peine non plus de mentir). Qu’elles soient parlées, écrites, comportementales, nos paroles circulent entre nous, avec le respect de l’autre et cette capacité que nous avons tous les deux d’attendre d’avoir quelque chose à dire pour le dire, ne faisant pas de tous les sujets des sujets importants, n’abordant pas les sujets importants sans le fond nécessaire pour que le débat avance, pour que nous avancions, n’hésitant pas à réfléchir ensemble, dissociant les paroles insouciantes de tous les jours, de la vie et du rire, des paroles intimes.

 

Des mots intimes que l’on se donne, que l’on se doit, en toute liberté.

 

J’aime avec elle, parler de notre projet de famille (de ses filles donc), de nos baises, de notre mariage, de nos familles, de nos aspirations, de nos freins, de nos blocages, de nos caractères, de nos blues, de nos fatigues ou de nos stress, de notre futur, de la société, de nos valeurs, de nos secrets, de nos croix intérieures… tout cela sans qu’il soit question d’une quelconque mise en cause ou d’un moindre jugement.

 

Le “je vais dire ça, comme ça il/elle comprendra ça, et du coup se sentira obligé de faire ça, et me donnera ça et alors je pourrai le dire ça pour que…” est tellement éloigné de nous ! Nos paroles sont des dons, comme tout le reste.

 

On se questionne, quand on sent que cela ne va pas, quand les radars crépitent, sentant le gris, les nuages, l’ombre passer. Mais on ne force pas la réponse. La réponse est donnée, comme quelque chose de précieux, de valeur, dont il faut qu’on fasse quelque chose. Et j’aime que nos paroles suivent ce principe amoureux du don, du consentement, du cadeau… rendant tout cela, finalement, très érotique – au sens de charme, de fragilité qui se montre, de sensibilité qui s’exprime, de désirs, d’attentes, de construction de l’autre avec soi.

 

Phin.

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Dimanche 4 décembre 2011 7 04 /12 /Déc /2011 11:40

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Je pourrais commencer une longue liste des raisons pour lesquelles je l’aime. Avec le risque de ne jamais arriver au bout, tant il y en a, grandes et petites. Avec le risque, pire, de ne pas évoquer celles que je ne connais pas.

 

Et ce dernier risque n’est pas un effet de style, une pirouette rhétorique, pour faire long ou profond, style genre, mais au contraire, une réalité sur laquelle je pose des mots simples. Ces raisons inconnues existent, et sont nombreuses, j’en veux pour preuve celles qui naissent, au fil de notre histoire, régulièrement, petites ou grandes : elles viennent bien de quelque part ? Il y a donc bien un gisement, ou plus qu’un gisement qui laisserait penser une fin possible, une économie, un mécanisme, un moteur, qui produisent ces nouvelles raisons.

 

Chaque virage de maman qu’elle prend, avec ses filles, me révèlent une maman idéale, bien sûr, avec toute son humanité, ses doutes, ses colères, mais bien plus encore son souci, sa protection, sa force et son amour absolu et enveloppent qui tire vers le haut… Les pas qu’elle fait vers moi pour comprendre mes zones d’ombres ou de nuit, les compromis allant jusqu’au partage, pour que mon bonheur soit complet. Sa capacité à agir sur elle-même, sans se renier pour autant : garder son caractère, sa force, ses tensions, mais les dompter, les connaître, les partager, plutôt que de se laisser déborder.

 

Son regard sûr sur les femmes, et sur la femme qu’elle est, qui, je crois, s’apaise, comprenant que de concurrence, il n’y en a pas, que tout le reste est gourmandise puisque nous nous sommes choisis. Les interdits que nous franchissons, ensembles, pour le plaisir de jouir de nous, pour le plaisir de jouer. Sa sensibilité, aux mots, aux échos, aux coïncidences, aux gestes, jusqu’aux larmes, une sensibilité honnête et vraie qui ne s’use pas et déborde toujours aux mêmes endroits. Sa capacité à faire d’un quotidien une chose simple, radieuse, goûteuse, reposante, vivante, une capacité à faire du quotidien une ressource dans laquelle puiser des forces.

 

Ses gourmandises, qu’elles dévoilent à ceux qu’elle aime, avec tout l’enthousiasme dont elle est capable, fragile de les vivre à l’abri de notre amour. Son exigence qu’elle met à nous aimer, à nous donner, à veiller sur nous. Ses enthousiasmes de scrap ou d’écriture qui me rassurent, m’apaisent – toujours inquiet que je suis que cette vie lui convienne, et me rendent fier, si fier, quand je vois son regard photographique se construire, se développer, dépasser le mien, quand je vois la qualité de ses travaux manuels, quand je vois ses mots raconter ce qu’elle a dedans, ce que moi je sais d’elle, et qui fait d’elle une personne extraordinaire…

 

Un trésor, je vous dis, un trésor.

 

Phin.

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Vendredi 25 novembre 2011 5 25 /11 /Nov /2011 09:55

 

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Depuis quelques semaines,  A., ma grande, grandit de façon fulgurante. Et ça m’ébranle et ça me touche. Beaucoup. Au-delà de ce que les mots ne pourront jamais exprimer.

 

Elle a tout de suite compris les mécanismes de lecture, écriture et autres bizarreries de langage. Elle a l’envie, la motivation, la hâte. Hâte de lire les livres à sa petite sœur, hâte de mieux comprendre le monde de façon disons, autonome. Et j’adore assister à cela. L’entendre déchiffrer les syllabes, la sentir deviner le mot qui suit. C’est touchant. Tellement touchant…

 

Et dans le même temps, comme si cela n’était pas suffisant… Le 11 novembre, elle a perdu sa première dent. Elle bougeait depuis quelques semaines. Nous avions, ce jour-là, décidé d’aller au zoo du coin. Il faisait beau, le froid nous pinçait les joues. On était bien. Tous les quatre… Chaudement vêtus, nous avons commencé par le petit brunch.

 

Entre deux frites, A. me montre sa dent qu’elle peut mettre à l’horizontale. Je lui propose de l’aider. Son sourire irradie son visage. Je m’approche. Attrape sa minuscule dent et hop, je tire. Et voilà. Je tiens sa première dent dans ma main. Cette toute petite dent... C'est 6 années entières de sa vie. Celle que j'ai tenté de protéger, d'éveiller au mieux. Cette dent, c'est celle, sûrement, qui a commencé à pousser quand elle avait à peine 3 mois. Qui a nécessité des suppos et des câlins pour étancher sa douleur… Je m’en souviens comme si c’était hier…

 

Ma courageuse qui ne se plaint jamais, qui va de l’avant, émotive et battante comme moi… Fragile, tellement fragile sous sa force apparente…

 

Je me faisais une montagne des dents à arracher. « Jamais je pourrais », je pensais. Et puis, il suffit que sa chair y soit confrontée, et hop, on oublie tout. Elle était si fière, elle se sentait si grande, d’un seul coup. Nous l’avons précieusement emballée dans une petite serviette en papier pour « la souris ».

 

Le soir, consciencieusement, nous l’avons mise dans la petite boîte pour la souris. Le couvercle qui se visse n’a pas échappé à ma petite qui me demande, sûre de faire mouche : « Et comment elle va faire, la souris pour l’ouvrir ? »… Hum… Mais comme le père-noël qui passe par la cheminée, ma puce, avec un peu de magie… Hum, hum ! C’est bon ? Ca passe ? ;o)…

 

Et une fois endormie, c’était à moi de jouer. La pièce de 2 euros dans la main, j’ai ouvert leur porte le plus doucement du monde. Dans mon inquiétude à ne pas faire le moindre bruit, j’ai fait grincé le parquet bien plus qu’à l’accoutumée.

 

J’ai compris aussi mon erreur dans le choix de leur lit. Un lit en forme de bus. Ma fille dormant en bas, sa tête est complètement entourée par l’armature en bois, me demandant de remonter ma main et donc mon bras, de sa taille (l’ouverture) jusqu’au coussin, dans des contorsions abracadabrantesques. Tout cela en essayant de ne pas écouter les gémissements, les respirations qui changent, les succions de pouce qui reprennent, les changements de position. Et la peur constante, de réveiller la sœur du même coup.

 

Moi qui ne suis jamais entrée dans leur chambre pendant leur sommeil, sauf vomissements intempestifs… Comment justifier ma présence ?...

 

Je n’ai pas de chance, ce soir, A. dort complètement la tête contre le montant de bois… Impossible d’y passer ma main, je me prépare à faire le tour du lit pour accéder à la boîte par l’autre montant… Le parquet grince de plus belle. A. est dans un demi-sommeil. Je me hâte vers la sortie, en retenant mon souffle. Impossible. Purée, comment faire ?

 

Je laisse passer mon pic de stress, et repart à l’assaut de cette boîte. Je pense même à différer au lendemain. Mais la crainte de lire la déception sur le visage de ma fille a raison de ma trouille. Je fais ça à la hâte. Je me dépêche. J’attrape la boîte, pose la pièce. Ouvre la boîte, la pose par terre, ouverte, sur leur tapis. Et vais planquer la dent… La dent de ma prunelle…

 

Et là, je me suis dit, purée, je n’aurais pas moins d’une quinzaine de dents à récupérer ainsi ! De quoi se chopper quelques cheveux blancs… ;o)

 

Et là, dans le noir de cette chambre, dans les bruits de succions, de draps froissés et de souffle de mes belles endormies, moi aussi, j’ai encore grandi et j’étais fière, tellement fière qu’elles aient fait de moi leur maman…

 

Toute heureuse de trouver sa pièce au matin, elle s’est mis en tête d’écrire un petit mot à la souris : « Mersi de m’a vouar pri ma dent, majsienne souris » et de le mettre sous son oreiller, pour elle….

 

Le maître nous avait prévenus à la réunion de début d’année « vos enfants vont avoir envie d’écrire tout seuls, surtout, si phonétiquement cela fonctionne, vous les félicitez, au risque qu’ils ne prennent plus de plaisir à la spontanéité ».

 

Je l’ai donc félicitée ! Et puis ce besoin de dire « merci »... J’ai fondu. Complètement. Comme de la voir appliquée sur son tout petit morceau de papier…

 

Ce à quoi, sa petite sœur, lui dit : « La souris, elle vient pas tous les jours, surtout si y’a pas de dent ! »…

 

Aurait-elle déjà compris l’entourloupe ?


 

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Tazounette

 

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Vendredi 18 novembre 2011 5 18 /11 /Nov /2011 09:10

 

J'ai entendu cette chanson hier matin pour la première fois... Je pleure à la fin à chaque fois. Elle me prend aux tripes sans que je puisse réellement savoir pourquoi... La voix de Zaz. Sûrement. Impérieuse et qui monte en puissance. La simplicité aussi... Je n'ai pas trouvé le clip... Dommage...

 

 

 

 

Éblouie par la nuit, à coup de lumières mortelles, A frôler les bagnoles, les yeux comme des têtes D'épingles, Je t'ai attendu cent ans, dans les rues en noir et blanc, tu es venu(e) en sifflant,
Éblouie par la nuit, à coup de lumières mortelles, A shooter les cannettes aussi pommée qu'un navire, Si j'en ai perdu la tête, j't'ai aimé et même pire, Tu es venu(e) en sifflant,
Éblouie par la nuit à coup de lumières mortelles, Faut-il aimer la vie, ou la r'garder juste passer, De nos nuits de fumettes , Il ne reste presque rien, Que des cendres au matin,
Ah ce métro rempli des vertiges de la vie, A la prochaine station, petit européen, Met ta main, descend la, en-dessous de mon cœur,
Éblouie par la nuit, à coup de lumières mortelles, Un dernier tour de piste avec la mort au bout,

 J'ai attendu cent ans dans les rues en noir et blanc, Tu es venu(e) en sifflant...

 

 

 


 

Tazounette

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Lundi 5 septembre 2011 1 05 /09 /Sep /2011 12:23

 

mort

 

Les filles grandissent. Et je ne dis pas cela béatement. Enfin si, un peu, quand même mais pas seulement. Dit comme cela, ça fait un peu galéjade vu que oui, depuis leur naissance, elles ne font même que ça… C’est juste que l’âge de raison approche pour ma grande et on sent l’évolution de ses questions, de ses observations, de son regard, de ses réflexions. Elle absorbe le monde avec une curiosité qui me fascine. Ma grande, donc, a, très tôt, posé des questions sur la mort. Ce qu’on aurait pu croire devant évoluer vers une peur de cette fin tellement auréolée de mystère, prend corps dans son esprit comme étant une manière d’achever ce qu’on met une vie à construire.

 

Depuis toujours, elle est pressée. Une hâte à courir vers l’instant d’après alors même que l’activité choisie n’est pas encore terminée. Comme une angoisse du vide, du « rien à faire ». Phin et moi (soupir), nous efforçons depuis que nous partageons nos vies (soupir), à calmer sa course effrénée, à profiter des instants au moment même où elle les vit.

 

Devenue athée, et le père  des petites l’étant aussi, nous voulions une éducation aussi ouverte que possible, en laissant les petites choisir leur voie. Je me souviens de l’an passé, où, encore à Bruxelles, ma grande était très amie avec une camarade de sa classe qui elle, était baptisée… Il s’en est suivi une sacrée dose de questions auxquelles nous avons répondu avec cette ouverture fondamentale. Lui exposant le plus simplement possible les différents concepts fondamentaux.

 

J’ai vécu une enfance et une adolescence à l’abri des malheurs de l’existence. Lorsqu’ils nous arrivaient, ils avaient été allégés par le filtre de mes parents. Ils choisissaient l’instant de l’annonce et nous apprenions parfois les morts de nos proches des jours après qu’elles soient survenues. Ce que j’en garde est une sensation amère de vol. Comme si on m’avait empêché de faire mon deuil. Pour ma mère, ce qui est « grave » ne peut et ne doit être ressenti par un enfant. Alors elle taisait, allégeait, évitait les mots de « tristesse », de « douleur ». On avait d’une « douleur » que ce qui pouvait être supportable « mal au ventre », « mal de tête ». Les autres maladies comme le cancer étaient passé sous silence, mot auquel on substituait « longue maladie », et j’en passe. Ce qui résulte de tout cela ? On arrive à l’âge adulte absolument pas armé pour affronter la « vraie » vie, celle qui heurte, bouscule et fait souvent du « mal »…

 

Je me suis promise, ensuite, de ne rien taire à mes filles, des douleurs de ce monde. Leur montrer juste, avec simplicité et sincérité qu’on peut tout traverser, tout voir, tout expérimenter, même très jeune. du moment qu'on est accompagné... Et qu’au plus tôt on s’y confronte, au mieux on s’y prépare. L’an passé le chat de mes parents est mort. Ma grande a demandé de ses nouvelles, une fois que mes parents nous rendaient visite. Ma mère ne voulait pas dire qu’il était « mort », elle commençait à expliquer qu’il était « parti ». J’ai laissé faire ma mère. Puis avec délicatesse, je lui ai expliqué qu’il avait vécu une belle vie de chat, avec des maîtres aimants, qu’il avait beaucoup couru, beaucoup joué, mangé et reçu de caresses et puis qu’un jour, parce qu’il était devenu un très vieux chat et qu’il était fatigué, sa vie s’est terminée et qu’il est mort. Ma mère était offusquée que je lui parle ainsi. Et j’ai tenu bon. Mon père abondait dans mon sens, continuant l’explication d’une façon différente. Phin répondant également à son foisonnement de questions.

 

Elle a mis du temps à comprendre. Le processus de croissance, de vieillissement, puis de mort. Petit à petit elle remettait les choses dans l’ordre «Toi aussi maman, un jour tu seras vieille et après tu vas mourir »… « Oui, mon Amour, un jour, quand je serai très très vieille je vais mourir. Tu seras un peu triste. C’est pour ça qu’il faut profiter de chaque jour, de chaque moment qui passe pour avoir plein plein de bons souvenirs avec les gens qu’on aime, pour qu’une fois morts, on ait plein de belles choses à penser sur ces gens qu’on aime »…

 

Cette chose abstraite dont elles savent pouvoir parler librement, ne sera plus source de « peur » ou tout au moins de panique. Ce qu’on leur a expliqué, auquel elles ont ajouté les explications de leur papa, de leur papou et mamou en regardant les informations et autres, elles en font ces jours-ci une expérience un peu plus poussée. Notre voisine vient de perdre son mari d’un cancer. Nous vivons dans une résidence au voisinage exceptionnel. Nous faisons tous corps pour la soutenir au mieux. C’est tellement peu. Elle est une si jeune grand-mère et une si jeune veuve… Mercredi nous irons à la messe d’adieu.

 

Depuis que nous le savons, j’étais tiraillée, entre faire garder mes filles, laisser Phin nous représenter seul, ou les emmener. Je sais qu’elles n’ont que 5 et 6 ans, mais je me dis aussi qu’après toutes nos discussions sur le sujet, elles pourront voir ce que c’est que de dire au-revoir de cette façon-là, à des proches qui ne sont plus. Voir aussi que la tristesse n’est pas une mauvaise chose. Qu’on peut l’éprouver vraiment et continuer son chemin malgré tout. Parce que la vie est ainsi. Ne sachant que choisir pour elles, j’ai décidé de leur demander directement… elles veulent venir avec nous… Ma grande a dit « Ce sera triste, hein, maman, mais oui, on veut venir avec vous ».

 

Cela m’a émue… Je suis si fière d’elles et du chemin que nous parcourons ensemble. Si fière aussi qu’on puisse aborder tous les sujets, en nous laissant juste guider par les questions. Parfois de drôles de questions, qui nous mettent un peu mal à l’aise ;o))) Mais nous y répondons, avec simplicité et sincérité. En entrant ou non dans les détails. Juste pour qu’elles sachent qu’on est ouvert à tout et qu’il n’y aura aucun sujet tabou !

 

Je les aime si fort ! ;o)

 

 

 

Tazounette

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Samedi 6 août 2011 6 06 /08 /Août /2011 08:00

 

ConseilTataNath-Sarah6

 

Je sais qu’elle et moi lisons ce blog (bon, là présentement en vacances, hein, mais bon), de temps en temps, et pour les mêmes raisons, je pense : rire, bien entendu, et en même tant sentir en soi vibrer le respect, l’admiration, la reconnaissance pour cette auteure qui dessine, met tant de choses dans ces dessins, et surtout croque avec ce qu’il faut de distance et d’esprit, de distorsion voire d’irrévérence, ces décalages, ces moments, ces bricoles enfantines ou parentales… On l’a vécu et l’on s’y reconnaît, le sel de la distance en plus. On ne l’a pas vécu et on le partage avec le plaisir franc d’une bonne blague bien mise. L’exagération bien dosée est un art ! Faites-vous plaisir, feuilletez ;-)

 

Hein ? Oui. Et libre à chacun de passer outre les reflets de Marketing, ici ou là ;-)

 

Phin.


 

PS: Pour ma Tazounette, conductrice calme et gazouilleuse ;-)

 

 

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